Noor

Autrice, compositrice et productrice franco-libanaise, Noor ne s’abrite derrière aucun artifice. Elle écrit comme elle respire — sinon elle étouffe. Comme Jacques Brel, Édith Piaf ou Barbara avant elle, Noor (« Lumière », en arabe) nous rappelle que les grandes chansons d’amour ne parlent pas seulement de douleur — elles parlent de vie. Ce premier album, 1900 jours, n’est pas un disque sur la rupture. C’est un disque sur la capacité d’aimer.

Fidèle à ceux qui ont façonné son éducation esthétique, sans jamais se compromettre artistiquement, Noor y développe une pop ultrasensible et épurée, d’une grande mélancolie cinématographique, dans la lignée des classiques de Lana Del Rey, de Joji et de Bon Iver. Les onze titres qui composent l’album oscillent entre sad-pop majestueuse et sobriété électronique, où chaque kick résonne comme un battement de cœur. Sa voix, tantôt profonde et cristalline, tantôt presque chuchotée, intrigue. Elle ne cherche pas à séduire : elle révèle. Elle révèle la beauté de ce qui était juste là, sous nos yeux.

Car avec Noor, l’amour triste n’a jamais été aussi beau, qu’il soit idéalisé (Sur la route de Madison), contrarié (Paris-Vienne), ou empreint de culpabilité (Pardonnez-moi, Terrible Menteuse, Cendrion). Avec une sincérité désarmante, Noor abandonne toute forme d’orgueil et prouve qu’aimer, même sans retour, n’est pas une faiblesse. Que rester fidèle à ce que l’on a ressenti est un acte courageux. Que l’on peut hurler “je t’aime” à un connard et qu’on peut le faire sans honte (Petit Homme). Noor a souffert, souvent, elle s’est trompée quelquefois mais elle a aimé. Et si à la fin il y a eu chagrin d’amour, tant mieux : c’est qu’il y a eu amour. Peu importe qu’il dure toujours, ou bien 1900 jours.

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